Être heureux sans être parfait : c’est possible !

Aout 2021 – Clever Boy

Nous le savons tous : personne n’est parfait. Et pourtant, nombreux sont ceux qui essaient de l’être. La quête de la perfection est très présente, de partout (réseaux sociaux, médias, divertissements, publicités…). Il faut être un bon mari ou une bonne épouse tout en étant une mère/père extraordinaire et en parallèle avoir une vie sociale active et riche tout en étant le meilleur au travail, ou au lit, mais il faut aussi avoir une maison bien décorée et rangée digne des maisons témoins, exceller dans l’art de l’organisation, penser à tout et même à ce que l’on n’aurait pas pensé…

Bref, on ne s’en sort plus ! On devient obsédé par la perfection si bien que l’on ne vit plus et qu’un mal-être s’installe progressivement, pouvant aller jusqu’à la dépression.

Dans une société où tout le monde se compare les uns aux autres, ou la définition d’une personne se fait en fonction de son niveau de performance, il est difficile de ne pas vouloir être parfait.

Inconsciemment, on est poussés à vouloir être beaux, intelligents, sociables, drôles, à avoir un boulot qui rapporte, à être de bons parents, de bons amants, à avoir des hobbies plus nombreux et dingues les uns que les autres et la liste est infinie. On en vient à se perdre pour coller à ces images de perfections hautement instagrammables. Mais personne n’est parfait, et d’abord, pourquoi vouloir être parfait ?

Au risque de me répéter, absolument personne n’est parfait. Mais au contact de l’autre, on a davantage tendance à voir les choses que l’on n’a pas nous même et à se comparer, voir se dévaloriser.

Une personne qui a toutes les qualités que l’on n’a pas va paraître à nos yeux comme une personne parfaite ou en tout cas, mieux que nous.

Une vie entière ne suffirait pas à répondre à nos envies de perfection.

Impossible de lire tous les auteurs de la littérature classique, d’apprendre à parler parfaitement 10 langues, de courir tous les marathons de la planète, de visiter tous les pays, de jouer de tous les instruments de musique…

À vouloir trop en faire et en savoir, on se met tout seul la pression, noyé par l’infinie quantité de possibilités que nous offre le monde. On finit finalement par ne pas faire grand-chose correctement et surtout par être frustré.

C’est véritablement contre-productif de vouloir être parfait, car on ne s’écoute plus, on ne fait que répondre aux modèles que nous impose la société sans plus se poser de questions.

Bien souvent d’ailleurs l’intérêt des personnes se porte sur les personnes qui assument leurs qualités et leurs défauts, qui sont simplement elles-mêmes et non parfaites.

Car être humain signifie aussi se tromper, faire des erreurs, ne pas avoir envie, être parfois maladroit ou désorganisé… Tout l’inverse de ce que l’on pourrait concevoir comme perfection mais c’est cela qui nous rend humain et qui fait que nous sommes tels que nous sommes. De plus, la quête de la perfection entrave majoritairement le plaisir de faire les choses.

En effet, plus nous nous focalisons sur le déroulé, l’organisation, moins nous profitons de l’instant présent. Or, c’est bien l’instant présent qui est important, c’est bien ce que nous vivons qui nous procure émotions et bienêtre, et non la projection de ce qu’il faudrait faire ou être.

C’est très positif d’avoir envie de faire les choses bien, d’avoir de l’ambition, de vouloir toujours faire mieux. C’est pour cette raison qu’il y a beaucoup de progrès dans notre société. Le souci, c’est lorsque cette perfection devient un seuil inatteignable: on n’est jamais satisfait, jamais content. On vit alors dans une insatisfaction constante.

En visant plutôt l’excellence, on va faire de son mieux mais en ayant conscience qu’il peut y avoir des imprévus, des imperfections, des choses qui ne se déroulent pas comme on l’avait imaginé. On est dans la satisfaction du moment présent. Le perfectionnisme, au contraire, est un obstacle à notre bonheur.

La quête du perfectionnisme ne permet pas d’être heureux, cela entrave la possibilité de vivre l’instant présent, d’être soi et de profiter de chaque instant. Soyez satisfait de ce que vous avez, de ce qui vous entoure et surtout de qui vous êtes. Libérez-vous de ce fardeau d’être parfait.

Que faut-il faire pour se libérer de cette quête de perfection ?

1) Se recentrer sur soi.

Dans cette quête du perfectionnisme, le passé et le futur sont les deux seuls temps qui comptent. En se recentrant sur soi, sur ses émotions, sur son corps, sur ce que l’on vit à l’instant T, cela permet d’arrêter cette fuite dans le temps pour se consacrer à l’ici et maintenant. La méditation aide beaucoup pour cela. Bien sûr, il est nécessaire de planifier et prévoir, toutefois, est-ce nécessaire de le faire chaque minute ? Profitez davantage de ce qu’il se passe dans l’ici et maintenant.

2) Déceler pourquoi nous souhaitons être parfait.

Il est nécessaire également de chercher à comprendre ce qui vous amène à cette quête du perfectionnisme : Ressentez-vous une pression de la part de votre entourage ? Est-ce l’éducation que vous avez reçue ? Avez-vous peur d’être jugé(e) ou de ne plus être aimé(e) si vous n’êtes pas parfait ? Avez-vous peur que des erreurs du passé ressurgissent ? Cherchez-vous de la reconnaissance ? Autant de questions nécessaires afin de comprendre ce qui vous pousse à cette recherche d’être parfait. Les raisons peuvent être nombreuses et dépendent de chacun. En prenant conscience de ces raisons, cela vous permettra d’avancer.

À être obnubilé par la perfection, nous restons focalisés sur nos imperfections, ce que nous appelons nos défauts. On en oublie totalement de nous concentrer sur nos points forts. Ainsi on reste complètement aveugles à notre vraie valeur.

La perfection n’est pas de ce monde : nous ne serons donc jamais parfaits.
Et tout est absolument parfait comme cela. Il nous faut accepter cette réalité parce qu’il n’y en a pas d’autres. Sortir du fantasme de la perfection est la clé pour ne pas vivre dans une frustration permanente. Et pour pouvoir s’ouvrir à la gratitude d’être celle ou celui que nous sommes.

Bien sûr la perfection n’existe pas, et c’est une chance ! Sinon on s’ennuierait. La richesse de la vie c’est la différence, la singularité et il faut bien le dire toutes nos imperfections.